Une journée splendide, un temps idéal, pour randonner dans une des plus belles régions des Hauts de France, l’Avesnois. Les marcheurs sont accueillis à Lez Fontaine par Mr Hancart qui commence par leur faire visiter l’église Saint Martin dont l’origine date du XIIIe siècle. Une surprise de taille les attend avec un chœur magnifique dont la voute est couverte de peintures polychromes datant de 1546. Elles représentent l’Annonciation et le Jugement dernier. C’est la chapelle Sixtine de l’Avesnois. Un peu plus loin dans le village se situe la chapelle en pierre du quartier du Trieux, dédiée à Notre-Dame de la Consolation. Elle présente aussi des restes de peintures de la même époque sur la voute de son chœur.
Les marcheurs rejoignent la voie verte au niveau d’un imposant calvaire. C’est une ancienne voie ferrée qui est transformée en piste pour les randonneurs et les vélos de Maubeuge à Trélon. En ¾ d’heure, voici l’entrée de Sars Poteries avec sa chapelle Notre-Dame de Grâce dont l’inscription comporte un curieux cœur avec une croix au centre. Nous en profitons pour faire une première pause méditative mais les cloches nous indiquent déjà le chemin de l’église pour vivre la messe dominicale avec la paroisse Sainte Hiltrude en Avesnois.
Nous sommes étonnés d’être reçus par un évêque, Monseigneur Brice Armand IBOMBO du diocèse d’Ouesso situé au nord de la république du Congo Brazzaville. Il est venu rendre visite à son ami l’abbé Armand INKO, curé de Sainte Hiltrude. Nous assistons à une belle messe des familles avec beaucoup d’enfants et de dynamisme. Pour son homélie, Monseigneur fait le parallèle avec l’évangile du jour, les pèlerins d’Emmaüs, et les marcheurs de Notre-Dame : « Le peuple des chrétiens est un peuple qui marche à la rencontre fraternelle des autres et aussi à la rencontre du Christ »; La consécration se déroule sur un massif autel taillée dans un bloc de pierre bleue de l’Avesnois. A la sortie de la messe, nous échangeons quelques mots avec les paroissiens puis nous gagnons la salle de « détente» à Solre le Château afin de nous restaurer. Monseigneur IBOMBO et l’abbé INKO passent un moment convivial avec nous.
Le début de l’après midi commence sur la grand place devant le majestueux hôtel de ville installé dans les anciennes halles drapières. Mme Alice DEHEN, l’épouse du maire, nous conte l’histoire de cette ville qui s’est développée autour de son château. Malheureusement, ce château fut détruit à la révolution et il n’en reste que quelques dépendances. On peut voir sur internet une vidéo de reconstitution de ce passé glorieux.
Lien pour la voir : https://www.facebook.com/MaubeugeMemoireVivante/videos/%EF%B8%8Fle-voyageur-du-temps-3-solre-le-chateau-1586reconstitution-des-id%C3%A9es-pour-dautr/1457560615737684
La découverte de l’église Saint Pierre de style gothique n’en est pas moins intéressante et nous pouvons accéder à des espaces d’habitude fermés au public. Nous admirons les personnages de l’ancien testament qui se trouvent à la base des poutres de la nef voutée en berceaux lambrissés. Les orgues sont majestueux et les stalles viennent du couvent des « sœurs grises ». Ces dernières arrivent en 1524 pour fonder une maison hospitalière, un cloitre et un couvent, elles marquent l’histoire de Solre le Château jusqu’à la révolution. Le chœur possède des vitraux remarquables du XVIe siècle et d’autres de l’artiste vitrailliste Félix Del Marle en 1937. Il est intéressant de comparer les deux façons d’interpréter Saint Michel avec 300 ans d’écart. Nous passons devant le chemin de croix de Jonas pour entreprendre la montée sportive dans le clocher. Ce clocher à bulbes, haut de 60M, dont l’inclinaison caractéristique est une curiosité régionale, date du XVe siècle. A l’intérieur, les poutres massives de la charpente sont impressionnantes, nous apercevons aussi celles au dessus de la nef. A la fin de notre escalade, nous sommes récompenser par une vue à 360° sur toute cette région de bocages et de forets.
Il est temps de partir sur les chemins ; en commençant par celui qui traverse le ruisseau du Riamé vers le bois des Nielles. Au hameau de l’Ecrevisse, nous trouvons un oratoire à nouveau dédié à Notre-Dame de Grâce. Sur une proposition de François, nous lisons les béatitudes de la pastorale du tourisme : Ouvrons nos églises ! La marche se poursuit vers le village de Beaurieux. Les marcheurs sont invités 2 par 2 à réfléchir sur le sens chrétien du mot « hospitalité ».
Un grand pigeonnier marque l’entrée de Beaurieux, sur la place du village, l’église Saint Martin (1452) côtoie le vieux château. A l’intérieur, en plus du très beau retable au dessus de l’autel, on accède à une chapelle seigneuriale qui permettait au seigneur du lieu de suivre la messe derrière six fenêtres grillagées. On peut y voir des dalles funéraires et un tabernacle en pierre de 1452 représentant Jésus au jardin des oliviers.
Nous reprenons la route vers le hameau de l’Epinoy. Très rapidement, on distingue au loin le clocher de sa chapelle remarquable. L’abbé Pierre Heliot, ancien curé de la paroisse en retraite, assure la visite de cette chapelle de 1472 et restaurée en 2016. L’art gothique s’exprime ici dans une élégante simplicité. Dédiée à Notre-Dame de la nativité, elle possédait une des pus vieille statue mariale de la région (vers 1200) qui malheureusement fut volée en 1979. Elle fut remplacée par une copie sculptée par un paroissien. Enfin une dernière surprise lorsque nous découvrons un tableau représentant Notre-Dame du Saint Cordon si loin de Valenciennes.
Nous rejoignons Solre le Château, avec son clocher penché à l’horizon, par la vallée du Riamé. Une dernière halte méditative à l’oratoire de Jésus (1833) qui mériterait une bonne restauration.